La Topette, nouveau venu dans la presse locale

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Marie Hamoneau, l’une des trois journalistes à l’initiative du nouveau journal local et indépendant La Topette, était l’invitée du déjeuner du Club de la Presse Anjou mardi 15 septembre. 

Compte tenu des difficultés économiques auxquelles est confronté le secteur de la presse depuis plusieurs années, la naissance d’un nouveau média local relève désormais du miracle. Le Club se réjouit ainsi de l’arrivée de La Topette, un journal local et trimestriel dont le premier numéro est paru ce mois-ci. Imprimé à 2 000 exemplaires du côté de Château-Gontier et distribué dans 117 points de vente (répertoriés ici) dans le département, le succès a tout de suite été au rendez-vous. “Cela a été au-delà de nos attentes. Nous avons eu beaucoup de retours positifs par mail, sur les réseaux sociaux… et nous avons même dû réapprovisionner plusieurs kiosques moins de deux semaines après sa sortie”, se réjouit Marie Hamoneau, 29 ans, journaliste et directrice de la publication.

Un nom populaire

La Topette fait référence à cette expression typiquement angevine qui signifie “au revoir” ou “à plus tard”. “On cherchait un nom local et sympa, quelque chose de populaire qui parle à tout le monde”, explique Marie Hamoneau, à l’origine du projet avec deux autres journalistes professionnels, Julien Collinet et Sylvain Morvan. “On vit tous les trois à Angers mais je suis la seule vraiment originaire du coin. Avec Julien on a travaillé plusieurs années à Bruxelles. On a tous les trois eu des expériences dans des médias différents.” Né en décembre 2019, leur projet a fini de mûrir pendant le confinement. Le format dépliant et l’esprit impertinent s’inspirent du mensuel écologiste L’âge de faire ou encore du journal satirique grenoblois Le Postillon.

De l’investigation locale et indépendante

En une, La Topette affiche clairement sa ligne éditoriale : « Journal local, populaire et indiscipliné ». “L’idée est de proposer de l’investigation locale, de prendre le temps de faire un pas de côté par rapport à l’actualité, ce que n’ont pas vraiment le temps de faire les quotidiens locaux, pour fouiller des sujets un peu plus en détails.” Dans son premier numéro, La Topette s’intéresse autant aux villes qu’à la campagne. Un vrai choix éditorial. “On parle assez peu de la campagne dans la presse nationale. Dans le numéro de septembre, on a, par exemple, fait un portrait de l’éclusière de Châteauneuf-sur-Sarthe, enquêté sur les conséquences des communes nouvelles un peu partout dans le département, recueilli le témoignage d’un couple d’agriculteurs laitiers en liquidation judiciaire à cause de la dérégulation des prix, et on a des sujets plus urbains, comme celui en une sur Angers qui aspire à devenir une ville intelligente avec 50 000 capteurs. » Les trois journalistes se sont entourés de jeunes illustrateurs locaux (Marie Leroy, Aliénor Ouvrard et Paul Liaigre) pour fabriquer “un bel objet, qu’on peut garder et partager” et ont pris le parti de ne pas signer leurs articles “parce que c’est un travail d’équipe“. On trouve en dernière page les prénoms de la quinzaine de bénévoles, “les petites mains” qui ont aidé à sortir ce premier numéro.

Pas de publicité

Vendu au prix de 3 euros par numéro (disponible aussi sur abonnement via le site internet) et disponible uniquement en version papier, le journal ne contient pas de publicité. “C’est une volonté d’indépendance. Le but n’est pas de faire de l’argent. La Topette est porté par une association au sein de laquelle on est tous bénévoles et nous gardons nos activités à côté. Le prix est accessible à tous et on veut encourager les gens à aller l’acheter chez leur buraliste, kiosquier, libraire, épicier bio…” Après un premier numéro de grande qualité, on a déjà hâte de lire la suite. Il faudra patienter un peu, le deuxième numéro sortira début décembre. En attendant, le Club souhaite la bienvenue et une longue vie à La Topette !