Angers au cœur de la filière électronique grand ouest

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La disparition malheureuse de Technicolor marque la fin de l’électronique grand public à Angers. Mais elle ne doit pas masquer le dynamisme de la filière électronique professionnelle qui rassemble quelque 200 entreprises et 30 000 emplois dans le département.

Après la création de l’association Loire Electronic ApplicationValley en 2009, l’actualité s ‘est emballée avec le lancement d’un grand technocampus en 2013 et la naissance le 18 avril prochain de We Network qui constituera le grand pôle électronique de l’Ouest régional (Bretagne, Pays de la Loire, Centre), réunissant entreprises, clusters, santé, végétal, énergie. L’Anjou, nouvelle plaque tournante de la filière électronique professionnelle, avec l’ESEO comme pièce maîtresse, dont le patron est fils de maçon.

 

BIO

Jacky Charruault est diplômé de l’ESEO en 1969. Il y débute sa carrière comme professeur. En 1973, il devient directeur de l’antenne d’Angers du CESI, organisme de formation d’ingénieurs, puis directeur régional du CESI à Nantes. En 1980, il crée un ensemble de cabinets de formation et de conseil qu’il revend en 2001, sa candidature ayant été retenue pour diriger l’ESEO.

Il rejoint l’ESEO en 2002 avec 3 rêves réalisés aujourd’hui : « je mets l’école sur les rails de l’avenir, je change le mode de management, je déménage l’école. »

Proche de la retraite, son successeur annoncé est Olivier Paillet.

Jacky Charruault deviendra ambassadeur de l’ESEO. Il avoue son inclination pour le développement économique qu’il continuera à cultiver à travers son engagement dans Initiative Anjou. Et il entretiendra sa passion pour sa famille, le vélo, le travail du bois et les voyages.

 

L’ESEO en quelques chiffres

693 étudiants en 2002, près de 1 200 en 2014
Une promo de 130 étudiants par an en 2002, une promo de 200 étudiants par an en 2014
4 sites : Angers, Paris, Dijon, Shanghai
108 permanents
52 bi-diplômes dont 40 à l’international

 

NOS TECHNOLOGIES…

« Auparavant l’invention technologique créait le besoin. Aujourd’hui les choses se sont inversées, c’est l’usage qui fait la technologie. » Jacky Charruault fait valoir qu’aujourd’hui nos technologies se développent par elles-mêmes au contact des autres activités, comme la santé, le végétal etc. Les innovations du futur sortiront des convergences entre nanotechnologies et biotechnologies.

Si l’électronique grand public a vécu, l’avenir est au développement de l’électronique professionnelle et à l’essor des applications. « Motorola à Angers est mort car c’était du montage sans valeur ajoutée. Idem pour Technicolor, c’était de l’électronique grand public » ajoute Jacky Charruault qui analyse les freins qui empêchent la technologie de se développer plus vite : l’absence de sécurité, les questions éthiques et… l’imagination humaine.

Isabelle GAUDINO