1ers plans 2013 : viser haut et toucher large

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Pour son dernier déjeuner mensuel de l’année, le Club de la Presse Anjou recevait le directeur général du festival de cinéma d’Angers 1ers Plans, Claude-Eric Poiroux (à droite sur la photo) et son correspondant angevin Xavier Massé.

 

COMPTE-RENDU : PASCALE GUERMEUR

Claude-Eric Poiroux, délégué général et directeur artistique du Festival Premiers Plans, et Xavier Massé, administrateur, étaient les invités du Club de la presse le 11 décembre.

Les échanges se sont ouverts sur les résultats du mini sondage effectué sur le site du Club et désignant le Festival comme un événement : capable de viser haut et de toucher large pour 57,6% des votants, élitiste pour 33,3%, populaire et grand public pour 9,1%. Claude-Eric Poiroux a affirmé que le public du Festival était plutôt large et non préformé pour la manifestation. « En plus des gens qui nous aiment et qui nous suivent, nous bénéficions d’un renouvellement naturel, ne serait-ce qu’avec le travail engagé de longue date auprès des solaires. Pour cette édition, les enseignants sont à l’oeuvre depuis 4 mois. Je pense que, sur cet aspect d’implantation locale, nous sommes les meilleurs en France. »

A quarante jours du Festival, le président du jury n’est pas encore connu. Claude-Eric Poiroux l’explique : « Les gens apprécient de faire partie du jury mais s’engager pour 9 jours demande réflexion. C’est assez compliqué de retenir quelqu’un si longtemps. Il nous faut donc travailler sur plusieurs pistes à la fois. Nous avons déjà « usé » 24 présidents. » Certains présidents le sont devenus après avoir été membres du jury, comme Claude Berry, Jacqueline Bisset ou Lucas Belvaux, mais ce sont des exceptions.

A quelques heures d’une conférence de presse prévue le soir même au Centre de Congrès, la sélection des œuvres en compétition est terminée. 2 400 films ont été reçus, longs et courts métrages, visionnés par une équipe de trois personnes pilotée par Arnaud Gourmelen et assistée de cinq stagiaires. « Ce sont des professionnels, malgré leur jeune âge, qui aiment le cinéma, précise Claude-Eric Poiroux. Pour les longs métrages, je ne visionne que la sélection finale c’est-à-dire une trentaine de films. Toutes catégories confondues, on en garde une centaine représentant une vingtaine de nationalité, et une quinzaine de longs métrages. Les critères de choix sont l’existence d’un point de vue, d’une mise en scène, une vraie originalité. C’est un mélange de tous ces paramètres mais on sent très vite si on tient quelque chose ou non ». Xavier Massé précise que les visionnages se déroulent toute l’année, avec un pic entre septembre et décembre. La sélection comporte plus de films français car ils sont plus nombreux dans les créations. C’est encore plus vrai pour les courts métrages. Les genres reçus s’élargissent avec notamment le recours aux petites caméras voire aux téléphone mobile.

A Angers, pendant le Festival, se tient la Journée nationale des producteurs indépendants, qui réunit une quarantaine de participants. C’est un révélateur de la place que prend petit à petit Premiers Plans dans le métier. Dans le monde du cinéma, Premiers Plans constitue un label. Certains réalisateurs sont suivis sur plusieurs années, pour leur premier court métrage puis leur film d’école… avant leur premier long métrage. »

Le Festival ne va pas faire de grande manifestation pour son 25ème anniversaire. Les organisateurs ne souhaitent pas y consacrer un argent plus utile ailleurs ni faire montre d’une nostalgie qui n’intéresse pas les jeunes réalisateurs. La programmation sera toutefois émaillée de « vignettes » au cours desquelles d’anciens participants, tels Arnaud Desplechin, Agnès Varda, Benoît Jacquot ou Laurent Cantet, viendront rappeler chacun à leur façon quelque chose du Festival. Une salle supplémentaire, dédiée à la manifestation de façon pérenne, va également être inaugurée au Multiplexe. « Les choses se passent bien avec Gaumont, qui est au comité d’organisation» précise Claude-Eric Poiroux. « Notre but est que le plus de monde possible voit le plus de films possible. » Une enquête de la Chambre de commerce, menée auprès de 1 600 personnes il y a 7 ans, faisait apparaître qu’1€ d’argent public engagé dans le Festival entraînait 4€ de dépenses dans l’économie locale. Elle montrait aussi que le rayonnement de la manifestation était réel dans le département et bien au-delà. Les résultats d’une nouvelle enquête devaient être présentés lors de la conférence de presse.

La conclusion des échanges revient à Yves Boiteau, qui a qualifié le Festival de « parenthèse enchantée » dans la vie d’Angers.