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Vincent PIGOU responsable de la SARL DIGIMA à Avrillé était l'invité de rentrée du Club de la Presse Anjou ce mardi 09 septembre 2014 à l'occasion du 1er déjeuner de la saison 2014-2015.

 

 

L’impression 3D pour les nuls avec Vincent Pigou de Digima

 

 

 

La semaine dernière, le patron de l’entreprise d’impression 3D Digima est venu expliquer aux membres du Club les enjeux actuels autour de cet outil, longtemps l’apanage des entreprises, qui arrive désormais dans la sphère « publique ». Vincent Pigou, 46 ans, a lancé cette année à Angers son entreprise d’impression 3D, après avoir quitté Meggit Artus où il officiait depuis 20 ans comme ingénieur. C’est avec un quiz en douze questions qu’il a choisi de présenter cette technologie et ses enjeux. Résumé des échanges.

 

 

 

C’est quoi ?

 

L’impression 3D est un processus qui consiste à fabriquer un objet ou une pièce par addition de couches successives de matière.

 

 

 

Petite histoire de l’impression 3D

 

Qu’on la nomme prototypage rapide, fabrication additive, impression tridimensionnelle ou impression 3D, cette technologie a été inventée en 1952 par le Japonais Kojima. Il émet le premier l’idée de fabriquer un objet en lui ajoutant de la matière plutôt qu’en en retirant et démontre les avantages de la fabrication par ajout de couches successives. Mais c’est à partir de 1982 que l’ingénieur américain Chuck Hull s’y intéresse de près et fabrique la première machine (1985). Jusque dans les années 2000, l’impression 3D est principalement utile aux industriels. Aujourd’hui, on assiste à une certaine démocratisation de cet outil : PME et particuliers s’y intéressent de près.

 

 

 

Le marché de l’impression 3D

 

Actuellement, le marché mondial de cette technologie représente 3 milliards de dollars (un milliard entre 1988 et 2008). Mais avec une croissance annuelle de plus de 70 % du marché, les projections prévoient que ce chiffre passe à 21 milliards de dollars en 2020 (dont 7 milliards pour la Chine). Les Etats-Unis et l’Europe (Hollande, UK…) sont des acteurs très actifs du marché. Les deux plus gros fabricants sont Américains (3D System et Stratasys), mais environ 800 petites entreprises (contre seulement 40 il y a 3 ans) se positionnent aussi sur ce secteur.

 

 

 

Les applications pratiques

 

Industrie, agroalimentaire, médecine, aide humanitaire… Tout semble possible. Les matériaux sont également nombreux à pouvoir être « imprimés » (plastique, métaux, céramique), sous des formes très différentes (liquide, poudre, solide). On peut fabriquer des objets très grands, comme les maisons construites en Chine ou la voiture fabriquée lors d’un salon à Chicago cette semaine, mais aussi des objets minuscules. La recherche médicale travaille à l’utilisation de cette technologie à partir de cellules souches et ce n’est plus de la science-fiction de penser qu’un organe pourra bientôt être reconstitué. Les dentistes utilisent déjà cet outil pour fabriquer des prothèses. Modélisées numériquement, elles sont parfaitement calibrées pour chaque patient. Des entreprises d'impression tridimensionnelle à la demande existent désormais. Il suffit d’envoyer ses plans par Internet, puis l’entreprise se charge de l’impression, du montage et de l’envoi du produit fini. La rapidité d’exécution, l’ultrapersonnalisation, la portabilité des imprimantes et le passage presque immédiat de l’idée à la fabrication sont des atouts incontestables.

 

 

 

L’open-source

 

Les particuliers commencent à s’approprier cette technologie, via différents projets. À la manière des logiciels libres, le projet RepRap (2005) conçoit une imprimante capable de répliquer 70 % de ses propres pièces. Ainsi, un utilisateur peut fabriquer les pièces pour la fabrication d’une autre imprimante à partir d’un modèle fourni, l’idée étant de diffuser au maximum cette technologie. Dans la même mouvance, la société 3D Hubs met en relation, via un site, les personnes possédant une imprimante et les utilisateurs potentiels à proximité. Ainsi, il est possible de se faire fabriquer une pièce cassée de machine à laver ou de mobilier de jardin près de chez soi. À l’heure actuelle, le réseau compte 7300 imprimantes dans le monde et près d’un milliard de personnes sont potentiellement à moins de 15 Km d’une imprimante 3D.

 

 

 

Les limites

 

Des dérives sont possibles. L’une des inquiétudes concerne la fabrication facile d’armes à feu. En l’absence de législation ou d’éthique liées à l’impression 3D, il est compliqué de contrôler ce qui se fait pour le moment.

 

Par ailleurs, dans le cas de l’utilisation grand public, les logiciels de modélisation ne sont pas si simples à maîtriser. Les possibilités concernant la taille des objets fabriqués et les matériaux sont encore limitées pour les imprimantes à utiliser chez soi (le métal nécessitant une température de fusion de plus de 1000 degrés).

 

JULIETTE COTTIN